Orthographe : accord du mot « gens » — règles et exemples
Type de devoir: Analyse
Ajouté : hier à 12:39
Résumé :
Maîtrisez l'accord du mot « gens » avec des règles claires, des exemples pratiques et des astuces pour réussir vos devoirs en français au Luxembourg. 📚
Introduction
Qui n’a jamais été confronté à ce doute, en pleine rédaction ou lors d’un test d’orthographe : faut-il écrire « les bonnes gens » ou « les gens bons » ? La question du genre du mot « gens » semble anodine, mais elle est source d’indécision, même chez des locuteurs avancés. Cette hésitation se retrouve souvent dans les écoles luxembourgeoises, où le français partage sa place avec l’allemand et le luxembourgeois, rendant la maîtrise des subtilités grammaticales d’autant plus cruciale. Dans un contexte scolaire où les compétences en expression écrite sont valorisées, connaître précisément les règles entourant l’usage de « gens » est une marque de rigueur et de maîtrise de la langue. Mais pourquoi un mot aussi courant prête-t-il à tant de confusion ? Sa place dans la langue française, son origine, ses accords parfois inattendus en font un terrain d’exercice privilégié, que ce soit lors des cours de français du Cycle 4.1 ou au sein des groupes d’approfondissement des lycées classiques du Grand-Duché.Dans cette perspective, il est essentiel non seulement de percer le mystère grammatical du mot « gens », mais aussi de comprendre le fonctionnement de ses accords, d’identifier les pièges communs, et de découvrir des moyens efficaces pour les éviter. Nous analyserons donc : d’abord la nature particulière et le genre grammatical de « gens », ensuite les règles spécifiques d’accords qui l’accompagnent, puis les difficultés fréquemment rencontrées, avant de proposer des stratégies concrètes à destination des élèves et enseignants luxembourgeois pour maîtriser cette subtilité.
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I. Comprendre le genre du mot « gens » : une particularité à saisir
1. Définition et nature grammaticale de « gens »
Au quotidien, « gens » désigne un ensemble de personnes, souvent indéterminé ou aux contours flous. Grammaticalement, il s’agit d’un nom collectif au pluriel : on dit toujours « les gens », jamais « un gens ». Son usage est si répandu, qu’il traverse tous les registres de langue, du discours politique au proverbe, tel que « Il faut de tout pour faire un monde, et toutes sortes de gens ».D’un point de vue historique, « gens » trouve son origine dans le latin « gentes », qui désignait entre autres les familles ou clans au sein de la République romaine, souvent au féminin pluriel. Ce legs s’entend encore dans certaines expressions et dans le fait que le mot, à ses débuts, était ressenti comme féminin.
2. Genre grammatical traditionnel
Cependant, l’affiliation de « gens » au genre féminin repose sur des bases à la fois étymologiques et morphologiques. En effet, dans la langue française d’antan, « gens » gardait la marque du féminin pluriel, comme on le rencontre dans de vieux textes encore étudiés en classe, par exemple dans certaines fables de La Fontaine : « les honnêtes gens » ; ou dans la Bible de Sacy, référence fréquente dans l’enseignement religieux luxembourgeois.Pourtant, l’évolution de la prononciation et des accords a complexifié la donne, si bien que, selon la place de l’adjectif, « gens » oscille entre les deux genres. Cette ambivalence reflète le dynamisme qui caractérise le français, une langue vivante marquée par ses exceptions.
3. Usage réel et exceptions dans la langue courante
Ce qui rend « gens » si singulier, c’est précisément l’éclatement de sa règle d’accord. Lorsqu’il est précédé d’un adjectif, celui-ci s’accorde ... au féminin pluriel : « les vieilles gens », « les certaines gens ». Mais si l’adjectif est placé après, il doit prendre la forme ... masculine plurielle : « les gens heureux », « les gens polis ». Cette particularité, qui n’a pas d’équivalent direct dans la majorité des mots français, intrigue particulièrement les élèves. Jean-Claude Germain, dans ses chroniques radiophoniques, évoquait cette « bizarrerie » française, qui fait le charme mais aussi la complexité de notre orthographe.4. Particularité des adjectifs s’accordant avec « gens »
Reprenons la règle : si l’adjectif précède « gens », il est au féminin pluriel (par exemple : « les bonnes gens »), mais s’il suit, il devient masculin pluriel (exemple : « les gens heureux »). D’où l’erreur fréquente, chez les jeunes locuteurs, de toujours accorder au masculin, influencés peut-être par les quelques expressions figées ou le sentiment que « les gens », dans le langage commun, est neutre — or, souvenez-vous que la langue française ignore la notion de genre neutre.On notera toutefois qu’il existe des adjectifs qui, par leur terminologie ou leur sens, n’admettent qu’un genre, ou qui s’emploient rarement avant « gens », donnant ainsi peu l’occasion d’appliquer cette règle.
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II. Les accords grammaticaux spécifiques à « gens » : règles et cas de figure
1. Accord des adjectifs avec « gens »
Revenons aux exemples concrets, souvent proposés dans des exercices de grammaire distribués lors des cours de français au Lycée de Garçons de Luxembourg : - « Les bonnes gens » (adjectif féminin pluriel avant le nom) - « Les gens honnêtes » (adjectif masculin pluriel après le nom) Cette alternance rend le suivi de la règle difficile, d’autant que certains manuels, tels les incontournables Bescherelle ou Le Petit Grevisse fréquemment consultés au Luxembourg, recommandent systématiquement la prudence et l’attention à la position de l’adjectif.2. Accord du verbe avec le sujet « gens »
Ce qui ne varie jamais, c’est la conjugaison du verbe. « Gens » étant un pluriel collectif, le verbe se conjugue toujours à la troisième personne du pluriel : « Les gens travaillent dur », « Les gens sont ravis du résultat ». À ce niveau, la règle rejoint celle de tous les collectifs pluriels comme « personnes » ou « individus ».3. Les pronoms et déterminants associés à « gens »
Le mot « gens » s’accompagne des articles et pronoms pluriels : « ces gens », « qui sont ces gens ? », « tous ces gens que nous avons vus ». En revanche, il serait fautif de dire « celles gens », ou d’employer un pronom personnel féminin pour parler d’eux. On dira bien « ils sont partis », jamais « elles sont parties », même si le genre du mot dans certaines expressions anciennes semble féminin.4. Comparaison avec d’autres noms collectifs ou pluriels complexes
Pour mieux cerner la spécificité de « gens », on peut le comparer à « personnes », indéniablement féminin (les personnes âgées, elles sont parties) ; ou à « individus », toujours masculin (ces individus suspects). Cependant, « gens » déroge puisqu’il oscille entre deux genres, ce qui n’est le cas d’aucun autre nom collectif d’usage courant. Ces comparaisons, souvent utilisées en cours de français langue seconde dans les lycées techniques, aident à comprendre et mémoriser la règle propre à « gens ».---
III. Difficultés fréquentes et erreurs types
1. Erreurs courantes : entre perception et usage réel
L’exercice du « dictée de phrases » révèle de manière éclatante les confusions qui persistent, surtout lorsque les élèves doivent écrire sans réfléchir trop longtemps. Nombre d’erreurs proviennent de l’application de la règle générale d’accord masculin partout, ou de l’hésitation à accorder au féminin devant « gens » : *Les vieilles gens sont parties* devient *Les vieil gens* ou *Les vieilles gens sont parties* (accord verbal féminin incorrect). Ces fautes sont fréquentes dans les copies des cycles moyens et supérieurs à Luxembourg, particulièrement chez les élèves multilingues qui voient dans « gens » un mot « étranger » à la logique grammaticale luxembourgeoise ou allemande.2. Sources de la confusion
L’apparence du mot, sa terminaison en -s, son origine féminine, toutes ces couches historiques induisent en erreur ceux qui n’en maîtrisent pas la règle. Ajoutons à cela les nombreuses exceptions que le français adore cultiver, et l’on comprend que « gens » fasse trébucher jusqu’aux étudiants les plus sérieux lors des contrôles écrits.3. Conséquences de ces erreurs
Au-delà de la simple faute d’orthographe, conséquent dans un contexte scolaire où la notation du français est importante, une erreur sur l’accord de « gens » donne une impression de maladresse, voire de négligence. Dans les essais, les commentaires de textes ou les présentations orales, la crédibilité de l’élève peut être remise en cause. A fortiori, dans des concours scolaires comme l’Olympiade luxembourgeoise de la langue française, la justesse des accords est un critère essentiel de sélection.---
IV. Stratégies pédagogiques et outils pratiques
1. Techniques mnémotechniques
Pour éviter de se tromper, une astuce consiste à mémoriser quelques expressions figées qui servent de modèle : *les vieilles gens* (féminin devant), *les gens intelligents* (masculin après). Certains professeurs de français du Lycée du Nord conseillent de toujours placer l’adjectif souhaité avant et après « gens » à l’oral pour « sentir » lequel accord sonne juste.2. Exercices pédagogiques adaptés
La pratique régulière à travers des ateliers, dictées ciblées, et quiz spécifiques aide à ancrer ces connaissances. Un exercice classique au Luxembourg consiste à compléter des phrases à trous : *les ____ gens sont ____* (sélectionner l’adjectif et l’accorder), ou à écrire de courtes histoires en y intégrant différentes positions de l’adjectif avec « gens ».3. Ressources pour approfondir
Les ressources ne manquent pas : manuels scolaires (par exemple « Grammaire progressive du français » souvent utilisé dans les lycées), sites web interactifs comme Ortholud ou Bienécrire, ou même, pour les plus avancés, des consultations de corpus sur la Banque de données textuelles du CNRS. Les correcteurs grammaticaux en ligne sont utiles, mais il faut rester vigilant : nombre d’entre eux n’appliquent pas correctement la subtilité de « gens ».4. Conseils aux enseignants
Dans le contexte plurilingue luxembourgeois, il est nécessaire d’attirer l’attention des élèves sur cette spécificité, en la comparant aux usages allemands (où le genre neutre existe) ou luxembourgeois. L’organisation régulière d’ateliers ludiques, de dictées spéciales et de quiz d’orthographe, adaptés à la réalité plurilingue des classes, permet de tordre le cou à cette difficulté.---
Conclusion
La maîtrise du genre et des accords liés au mot « gens » constitue un exemple fascinant de la richesse, mais aussi de la complexité de la langue française. Si ses origines latines expliquent son apparente féminité, l’usage moderne lui impose des accords masculins après le mot, créant une règle inédite que seul le français conserve. Comprendre et appliquer ces nuances est un enjeu fondamental pour tout élève, en particulier au Luxembourg où la langue française vit au contact constant d’autres systèmes grammaticaux. C’est par la répétition, le recours à de bons outils, l’attention portée à la position des adjectifs et la conscience des pièges propres à « gens », qu’on parviendra à dompter cette subtilité linguistique. Au fond, maîtriser « gens », c’est aussi prouver son respect pour la diversité et l’histoire de la langue, qui fait la fierté de notre système éducatif.---
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