Subordonnées : maîtriser la concordance des temps et le subjonctif
Type de devoir: Analyse
Ajouté : 17.01.2026 à 20:44
Résumé :
Maîtriser les subordonnées: règles de concordance des temps et emploi du subjonctif, exercices et astuces pour élèves luxembourgeois prêts pour examens.
Introduction
En français, le choix du temps et du mode dans une subordonnée pose souvent des difficultés aux élèves, notamment lorsqu'il s'agit d’appliquer la concordance des temps et d’utiliser le subjonctif. Cette question, loin d’être une simple question de grammaire, touche à la clarté, à la nuance et à l’élégance de l’expression. Pour les élèves du système éducatif luxembourgeois, où le plurilinguisme est la règle (français, allemand, luxembourgeois), comprendre ces mécanismes est essentiel pour naviguer avec aisance aussi bien dans les dissertations littéraires nationales qu’aux épreuves du baccalauréat international ou lors des présentations orales.Comment décider quand employer le subjonctif dans une subordonnée, et surtout quel temps choisir ? Cette maîtrise influence la qualité des écrits, la précision du propos mais aussi la capacité à exprimer le doute, le souhait, ou encore l’émotion. Dans cet essai, nous explorerons les fondements théoriques (différence entre les temps, les modes, l'aspect, et le fameux « point de repère »), puis les règles concrètes à suivre selon le temps de la principale ; nous examinerons ensuite certains contextes particuliers (comme les conjonctions ou les tours impersonnels), avant de recenser les erreurs fréquentes à éviter et de proposer des méthodes efficaces d’entraînement — avec des exemples adaptés au contexte luxembourgeois et aux exigences des examens locaux.
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1. Fondements théoriques : concepts de base
A. Temps, mode et aspect
Distinguer le temps, le mode et l’aspect permet de comprendre la structure des phrases françaises. Le temps grammatical situe l’action dans la chronologie : présent, passé, futur. Par exemple, « Je mange » (présent), « J’ai mangé » (passé). Le mode, quant à lui, traduit l’attitude de l’énonciateur face à l’énoncé : indicatif pour les faits établis (« Je sais qu’il vient »), subjonctif pour les incertitudes, volontés ou sentiments (« Je veux qu’il vienne »). L’aspect exprime si l’action est achevée ou non (parfait vs imparfait, aspect accompli/inaccompli).B. Le point de repère
Le « point de repère » est le temps auquel se rattache la subordonnée : il s’agit du temps de la principale. Par exemple, dans « Je crains qu’il ne pleuve », le présent de « je crains » sert de repère. Si la principale est au passé (« Je craignais »), la subordonnée exprime une action mesurée par rapport à ce passé.C. Les relations temporelles
Trois relations unissent une subordonnée à la principale : - Simultanéité : les actions ont lieu en même temps (« Je souhaite que tu sois présent ») - Antériorité : l’action de la subordonnée précède celle de la principale (« Je regrette que tu sois parti ») - Postériorité : l’action de la subordonnée se produira après (« J’attends que tu viennes me voir »)D. Quand employer le subjonctif ?
Le subjonctif est déclenché par : - La volonté, le souhait, l’ordre : « Je veux que tu fasses », « Il exige que nous réussissions » - Le sentiment, l’émotion : « Je suis content que tu viennes », « Elle a peur que tu échoues » - Le doute, l’incertitude : « Je doute qu’il arrive à temps » - Les expressions impersonnelles évaluatives : « Il est important que », « Il faut que », « Il est dommage que » - Certaines conjonctions : bien que, pour que, afin que, jusqu’à ce que, à moins queEn dehors de ces situations, c’est souvent l’indicatif qui prévaut, notamment lorsqu’on énonce un fait certain ou objectif, ou après des verbes de certitude : « Je sais qu’il viendra ».
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2. Règles de concordance : établir l’accord entre le temps de la principale et celui du subjonctif
A. Principale au présent (ou au conditionnel présent)
Quand la principale est au présent, on distingue : - Simultanéité ou postériorité → Subjonctif présent - _Exemple_: « Je souhaite que tu réussisses tes examens » (les deux actions sont liées dans le présent ou le futur proche) - Antériorité → Subjonctif passé - _Exemple_: « Je regrette que tu aies quitté le lycée avant moi » (l’action de quitter est antérieure à la déclaration)Astuce : si l’action de la subordonnée est antérieure au moment de la principale, choisissez le subjonctif passé. Sinon, préférez le présent.
B. Principale au passé (imparfait, passé composé, plus-que-parfait, conditionnel passé)
On utilise un repère au passé : - Langue soutenue (lettres, dissertations) : - Simultanéité/postériorité : Imparfait du subjonctif - _Exemple littéraire_: « Il voulait que les élèves eussent terminé avant la cloche » (contexte très formel, ex. dissertation Victor Hugo au Lycée Classique) - Antériorité : Plus-que-parfait du subjonctif - _Exemple_: « Elle regrettait qu’il eût oublié son livre »- Langue courante : - Simultanéité : Subjonctif présent - « Elle voulait que tu viennes » - Antériorité : Subjonctif passé - « Il craignait que tu aies oublié tes affaires »
Dans le système scolaire luxembourgeois, on attend en dissertation littéraire la maitrise des formes classiques, mais en expression courante, les formes modernes suffisent généralement.
C. Principale au futur
Le futur agit, en pratique, comme le présent pour la concordance : - Simultanéité/postériorité → Subjonctif présent - _Exemple_: « Tu craindras qu’il ne vienne pas » - Antériorité → Subjonctif passé - _Exemple_: « Tu regretteras qu’il soit déjà parti »---
3. Conjonctions, locutions et subtilités
A. Subordonnées de but
Après pour que, afin que, toujours le subjonctif : - _Exemple_: « Le professeur explique pour que tout le monde comprenne »B. Subordonnées de concession (bien que, quoique)
Obligatoirement le subjonctif : - _Exemple_: « Quoique le sujet soit difficile, ils n’abandonnent pas »C. Subordonnées temporelles
- Avant que, jusqu’à ce que : subjonctif car l’action n'est pas réalisée ou est incertaine. - _Exemple_: « Reste ici jusqu’à ce que je revienne » - Dès que : indicatif obligé (événement certain) - _Exemple_: « Dès que tu termineras, pars »- Après que : toujours indicatif, malgré les erreurs fréquentes - _Exemple_: « Après qu’il a réussi, il est parti » - Attention, même des locuteurs natifs commettent parfois la faute !
D. Valeur du verbe de la principale
Le subjonctif dépend du sens ou de la valeur du verbe principal : - Affirmation/certitude : indicatif - Négation/doute/souhait/émotion : subjonctif - _Exemple_: « Je crois qu’il vient » (affirmatif, indicatif) / « Je ne crois pas qu’il vienne » (négatif, subjonctif)E. Relatives avec superlatif/indétermination
Après un superlatif, l’incertitude déclenche souvent le subjonctif : - _Exemple_: « C’est le meilleur élève que j’aie rencontré »F. Expressions impersonnelles
- « Il faut que », « il semble que », « il est possible que » → subjonctif---
4. Pièges et difficultés classiques
A. Repérer l’antériorité
Parfois, l’élève confond le passé de la subordonnée avec le passé de la principale. _Conseil :_ toujours se demander : « L’action de la subordonnée est-elle terminée lorsque la principale est dite/pensée ? »B. L’erreur « après que » + subjonctif
C’est une faute fréquente (« Après qu’il soit parti »), à proscrire ! Utiliser seulement l’indicatif : « Après qu’il est parti »C. Formes rares
L’imparfait/plus-que-parfait du subjonctif sont désormais réservés à la littérature (exemples dans Victor Hugo, Chateaubriand), ou à l’écrit très formel. Préférer le subjonctif présent/passé à l’oral et dans la plupart des exercices scolaires usuels.D. Confusion subjonctif/infinitif
Avec le même sujet dans les deux propositions, l’infinitif est préférable : « Je veux partir » (pas « Je veux que je parte »).---
5. Conseils pratiques et méthodes d’entraînement
A. Méthode pour bien répondre
1. Identifier le temps du verbe principal 2. Analyser la valeur du verbe : volonté, fait, doute, sentiment ? 3. Déterminer la relation temporelle entre la principale et la subordonnée (avant/après/au même moment) 4. Chercher l’identité des sujets : si identiques, employer l’infinitif 5. Choisir le temps du subjonctif adapté (présent ou passé ; en style soutenu imparfait ou plus-que-parfait)B. Exercices recommandés
- Transformer des phrases modernes en style classique (ex : « Il fallait que je finisse » → « Il fallait que je finisse »/ « ... que je finisse » est « imparfait du subjonctif »). - Repérer les temps grâce à des indicateurs comme « hier, la semaine dernière, demain ». - S’entraîner à corriger les fautes types (« après que »). - Utiliser les ressources numériques luxembourgeoises, par exemple les exercices en ligne disponibles sur le portail Eduservice.lu ou le « cahier de français » proposé au Lycée Aline Mayrisch de Luxembourg.C. Support visuel
Tracer une ligne du temps aide à visualiser les décalages entre principale et subordonnée. On peut aussi afficher un tableau : | Temps de la principale | Simultanéité / Postériorité | Antériorité | |----------------------------------------|--------------------------------------|-------------------------------------| | Présent / Futur / Conditionnel présent | Subjonctif présent | Subjonctif passé | | Imparfait / Passé simple/ Conditionnel passé | Subjonctif présent (usuel) / Imp. du subjonctif (soutenu) | Subjonctif passé (usuel) / Plus-que-parfait du subj. (soutenu) |---
6. Synthèse rapide pour la révision
À retenir en priorité :1. Identifier le temps de la principale (présent, passé, futur) 2. Déterminer la valeur du verbe (faut-il subjonctif ou indicatif ?) 3. Choisir le mode (subjonctif si volonté, doute, sentiment, conjonctions déclenchantes) 4. Choisir le temps du subjonctif (présent/postériorité/simultanéité ; passé/antériorité) 5. Style littéraire ou usuel : n’employer l’imparfait/plus-que-parfait du subjonctif que si la consigne l’exige
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7. Conclusion et ouverture
Maîtriser la concordance des temps avec le subjonctif dans la subordonnée, c’est ouvrir la porte à une expression plus nuancée, plus riche. Cela permet, en littérature comme en communication quotidienne, de différencier un souhait d’un fait, de signaler le doute ou la certitude, d’affiner ses idées. Pour les élèves au Luxembourg, qui fréquentent un système multilingue et où la maîtrise du français distingue souvent l’excellence, il est stratégique d’acquérir ces réflexes. La pratique régulière – via des dictées, des rédactions, ou des entraînements interactifs – est le meilleur gage de progrès. Enfin, n’hésitez pas à relire des modèles bien construits (comme certains dialogues du théâtre français étudiés en « section classique »), à poser des questions précises à vos enseignants, et à corriger méthodiquement chaque faute de concordance : la finesse, la précision, et la beauté de la langue n’attendent que vous.---
Annexes utiles
Tableau de correspondances
| Temps de la principale | Simultanéité / Postériorité | Antériorité | |----------------------------|--------------------------------------------|-------------------------------| | Présent, Futur, Cond. Prés | Subjonctif présent | Subjonctif passé | | Passé (imparfait, etc.) | Subjonctif présent / Imparfait du subj. (*)| Subjonctif passé / Plus-que-parfait du subjonctif (*)|(*) Employés surtout à l’écrit littéraire
Conjonctions employant le subjonctif
- Pour que, afin que, bien que, quoique, jusqu’à ce que, à moins que, avant queConjonctions employant l’indicatif
- Parce que, dès que, après que, lorsque, quandPhrases modèles à retenir
- « Je souhaite que tu sois là » (souhait, subjonctif présent) - « Il regrette que tu aies oublié » (antériorité, subjonctif passé) - « Après qu’il est parti, nous avons travaillé » (indicatif)---
En conclusion : Relisez, entraînez-vous, et profitez de toute la polysémie qu’offre la langue française : travailler la concordance des temps, c’est aussi apprendre à penser avec finesse, et exprimer le monde avec plus de justesse.
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