Exposé

Analyse des sujets du Bac français 2017 sur la question de l’Homme

Type de devoir: Exposé

Résumé :

Explorez l’évolution de la question de l’Homme à travers les sujets du Bac français 2017 et découvrez la richesse des genres argumentatifs depuis le XVIe siècle.

La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIe siècle à nos jours

*Réflexion inspirée des sujets du Bac français 2017 (Pondichéry)*

Introduction

Depuis la Renaissance jusqu’à l’époque contemporaine, la littérature argumentative n’a cessé de s’emparer de la « question de l’Homme », pour en interroger les facettes, en rencontrer les tourments, et en proposer de multiples représentations. Véritable miroir d’une société en perpétuelle évolution, elle témoigne de l’écart entre les idéaux prônés et la réalité souvent imparfaite. À travers les siècles, chaque génération a repensé ce qu’elle attendait de l’être humain : tantôt porteur de raison, tantôt siège de passions, tantôt acteur lucide du progrès ou, plus tard, victime du doute et de la fragmentation de l’identité. Cette évolution se lit dans des œuvres aussi diverses que *L’Autre Monde* de Cyrano de Bergerac, *L’Art poétique* de Boileau, la *Lettre à la jeunesse* de Zola, ou encore le *Journal* d’André Gide. Dès lors, une question se pose : en quoi les genres de l’argumentation, du XVIe siècle à nos jours, révèlent-ils l’évolution du regard porté sur l’Homme, entre idéaux de raison, luttes sociales et exploration de la subjectivité ? Pour répondre à cette problématique, nous analyserons d’abord la remise en cause des ordres établis à l’aube des Temps modernes, puis les principes classiques d’universalité et d’harmonie, avant d’aborder l’engagement littéraire au service de la justice, et enfin l’avènement d’une introspection singulière au XXe siècle.

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I. Jeunesse, raison et remise en cause des valeurs dans la littérature pré-classique

Au fil des XVIe et XVIIe siècles, la littérature argumentative s’affirme comme un espace de questionnement audacieux, utilisant souvent l’ironie et la fiction pour secouer les dogmes hérités du passé. *L’Autre Monde ou les États et Empires de la Lune* de Cyrano de Bergerac, bien que fréquemment lu dans les classes luxembourgeoises comme une satire exubérante, s’impose aussi comme une utopie philosophique, profondément subversive pour son temps.

Dans l’œuvre, l’auteur imagine un dialogue interplanétaire où un démon martien renverse la hiérarchie terrestre : il proclame que la jeunesse, loin d’être considérée par principe comme écervelée ou irréfléchie, détient la force d’imaginer, d’agir, et devrait, pour cette raison, être respectée davantage que la vieillesse sclérosée. Ce point de vue, présenté avec humour et subtilité, invite le lecteur à s’interroger sur la définition même de la sagesse et du mérite.

Cyrano ne se contente pas de dénoncer le privilège de l’âge ; il exalte la puissance de la raison libérée des carcans. Pour l’écrivain, la véritable autorité ne vient ni de l’ancienneté ni des habitudes, mais de la clarté de jugement et de la vigueur morale, qualités que la jeunesse est seule apte à offrir lorsqu’elle n’est pas empêtrée par les préjugés sociaux. On retrouve là l’influence humaniste de la Renaissance, qui, dans le sillage d’Érasme ou de Montaigne, plaçait l’homme au centre d’un monde à repenser.

La force de l’argumentation cyranienne s’appuie sur la structure du dialogue fictif, procédé cher aux Lumières, grâce auquel divers points de vue peuvent s’opposer et se compléter. L’ironie, la multiplicité des voix, les interrogations rhétoriques font jaillir une profonde réflexion sur la relativité des normes et la nécessité de les interroger. Cette dynamique, loin d’être propre au seul domaine littéraire, irrigue aussi l’éducation luxembourgeoise, où l’on invite les élèves à remettre en cause les idées reçues par l’esprit critique et la discussion.

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II. Classicisme : la raison, l’équilibre et l’universalité selon Boileau

Le XVIIe siècle, marqué par le rayonnement de la pensée classique, considère l’homme moins comme un être rebelle que comme un citoyen rationnel, appelé à l’harmonie et à la mesure. Dans ce contexte, Nicolas Boileau, dont l’*Art poétique* est régulièrement étudié au Grand-Duché, incarne la quête d’un ordre à la fois littéraire et moral.

Boileau confère ainsi à l’argumentation une valeur prescriptive. Son art poétique n’est pas qu’un traité pour écrivains ; il est véritablement un manuel de sagesse, où écrire bien revient à penser et agir bien. L’idéal du « juste milieu » qu’il prône traduit une valorisation de la raison comme juge suprême des conflits humains. De la même manière, le classicisme luxembourgeois, hérité de la tradition francophone, met depuis toujours l’accent sur la rigueur et la réflexion dans l’éducation, cherchant à former des esprits lucides et justes.

L’homme, tel que le perçoit Boileau, se situe à l’intersection de la nature commune à tous (cette « nature humaine » célébrée aussi par La Fontaine ou Molière) et de la raison qui tempère les élans incontrôlés. Il s’agit de purifier à la fois l’écriture et l’âme de tout excès. Boileau invite ainsi à sublimer les passions, à rechercher l’universalité, et à préférer au clinquant l’authenticité.

Les moyens rhétoriques employés – vers nets, références aux modèles antiques, conseils didactiques – traduisent un souci d’efficacité. L’invitation à suivre les exemples des anciens, l’insistance sur l’humilité et le rejet de la vanité rejoignent là encore les valeurs transmises dans l’enseignement luxembourgeois, où la tradition classique instaure la recherche d’un juste équilibre entre innovation et respect des règles établies.

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III. XIXe siècle : la littérature, moteur de conscience citoyenne et de progrès (Zola)

Le XIXe siècle, secoué par les mutations industrielles, les luttes sociales et les avancées scientifiques, voit se développer une littérature profondément engagée. Émile Zola, figure majeure du naturalisme, incarne cette volonté d’utiliser l’argumentation non plus seulement pour persuader ou instruire, mais pour bouleverser et transformer la société.

Sa *Lettre à la jeunesse*, écrite dans un contexte de crise morale et politique (notamment lors de l’affaire Dreyfus), est un appel vibrant à la mobilisation des jeunes générations. Zola y brosse le portrait d’une jeunesse capable d’abattre les vieux murs de l’injustice, de s’approprier la modernité, et de porter la voix des sans-voix. Dans l’école luxembourgeoise, ce texte est fréquemment cité pour illustrer à quel point la littérature peut jouer un rôle de « veilleur de conscience », capable d’éveiller le sens critique et d’exercer la citoyenneté.

Le message central de Zola est résolument optimiste : l’homme, loin d’être condamné à subir l’histoire, peut au contraire l’infléchir. Il ne s’agit pas seulement d’émouvoir, mais de susciter des actes. Zola utilise pour cela de nombreuses stratégies argumentatives : le recours à la fierté (« la France de demain sera celle que vous construirez »), l’appel à la solidarité (« ne vous détournez jamais des humiliés »), conjugué à un éthos fort où l’auteur se pose non comme donneur de leçons mais comme guide bienveillant.

L’ensemble de ces procédés offre un modèle de discours engagé où la littérature dépasse la sphère artistique pour devenir un outil d’émancipation. Dans la réalité luxembourgeoise, on retrouve cette dimension au travers du rôle croissant donné au débat citoyen à l’école, où les élèves apprennent à prendre position, argumenter, s’exprimer publiquement, tout en s’initiant à la diversité des opinions.

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IV. XXe siècle : l’introspection, Gide et la pluralité de l’identité humaine

Le XXe siècle apporte une rupture fondamentale : la foi dans la raison universelle et les promesses du progrès s’émousse, laissant place à l’exploration de la complexité individuelle. Le traumatisme des guerres mondiales ou encore les remises en cause existentielles pèsent sur la littérature, qui tend dès lors à l’introspection, au doute, à la quête d’authenticité.

Le *Journal* d’André Gide, régulièrement inscrit au programme au Luxembourg, offre une illustration éloquente de cette mutation. En transgressant les frontières entre récit, réflexion et vérité documentaire, Gide fait de l’écriture de soi un laboratoire d’exploration humaine. Il s’interroge sur ses doutes, ses contradictions, sa singularité, refusant de se soumettre à des modèles figés.

A travers son écriture fragmentée, tout en éclats et en retours, Gide démontre qu’il n’existe pas une, mais plusieurs vérités de l’homme. Son journal expose la nécessité de l’honnêteté intellectuelle, du recul critique sur soi-même. Il dénonce les pièges de l’apparence sociale et revendique le droit à la complexité. L’œuvre qui mêle narration, réflexion et confession, est le reflet d’une époque incertaine, mais également d’une liberté nouvelle.

Au Luxembourg, cette approche trouve écho dans les pédagogies actuelles : la diversité des parcours, le respect de la subjectivité des élèves et l’encouragement de l’expression personnelle sont devenus des piliers de l’enseignement littéraire. Les exercices de journal intime, d’autobiographie ou d’analyse de soi servent à développer le sens de la nuance et la compréhension de l’autre, dans la tradition gidienne de l’exploration du « moi ».

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Conclusion

À travers les œuvres et les époques, la littérature argumentative est apparue comme un observatoire privilégié de la question humaine. D’abord, elle a permis, par l’ironie et la satire, de contester l’ordre ancien et de valoriser un regard neuf. Ensuite, elle s’est imposée comme le moyen d’édifier, avec méthode, un idéal de raison et d’universalité. Puis, portée par l’élan du progrès et de la justice sociale, elle est devenue un instrument de mobilisation et d’engagement. Enfin, elle a ouvert la porte à une réévaluation radicale de l’identité et à l’avènement d’une pluralité des voix intérieures.

Au Luxembourg, l’enseignement du français ne se réduit pas à la simple transmission d’œuvres : il invite, par la lecture et la réflexion, à prendre conscience de la diversité des manières de penser l’Homme, question plus brûlante que jamais à l’ère du numérique, du métissage culturel et des enjeux écologiques. Les débats actuels sur l’intelligence artificielle, les enjeux de responsabilité individuelle et collective, ou la place des émotions dans la réflexion rationnelle, s’inscrivent dans la très longue histoire de cette quête littéraire. Au fond, à chaque époque correspond une manière d’argumenter sur l’Homme, signe que rien n’est plus riche, ni plus complexe, que la perpétuelle interrogation sur notre propre humanité.

Questions d’exemple

Les réponses ont été préparées par notre enseignant

Quel est le thème principal des sujets du Bac français 2017 sur la question de l’Homme ?

Le thème principal est l’évolution de la représentation de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIe siècle à aujourd’hui, à travers la littérature.

Comment la littérature du XVIe siècle traite-t-elle la question de l’Homme selon les sujets du Bac français 2017 ?

La littérature du XVIe siècle interroge la définition de la sagesse et du mérite, valorise la jeunesse et remet en cause les privilèges de l’âge grâce à l’esprit critique.

Quels auteurs sont cités dans l’analyse des sujets du Bac français 2017 sur la question de l’Homme ?

Les auteurs cités incluent Cyrano de Bergerac, Boileau, Zola et André Gide, chacun représentant une évolution de la réflexion sur l’Homme.

Pourquoi l’argumentation est-elle importante dans la question de l’Homme étudiée au Bac français 2017 ?

L’argumentation permet de confronter des visions diverses de l’Homme, de remettre en cause les normes établies et de favoriser l’esprit critique.

En quoi la perspective sur l’Homme évolue-t-elle selon les genres étudiés au Bac français 2017 ?

La perspective évolue du questionnement humaniste à l’affirmation de la raison classique, puis à l’engagement social et à l’introspection moderne.

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