Rédaction

Évolution du nombre de postes au CAPES et à l'agrégation de lettres

Type de devoir: Rédaction

Résumé :

Découvrez l’évolution du nombre de postes au CAPES et à l’agrégation de lettres et ses impacts sur la formation des enseignants au Luxembourg 📚

Capes et agrégation de lettres – Nombre de postes

*(Essai pour élèves du secondaire au Luxembourg)*

Introduction

Dans le monde francophone, les concours du CAPES (Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement du Second degré) et de l’agrégation occupent une place centrale dans la formation et le recrutement des enseignants de lettres. Ces concours, organisés en France, proposent chaque année différentes options (lettres modernes, lettres classiques, grammaire) et continuent d’avoir une incidence considérable sur l’ensemble de la francophonie, en particulier dans un pays multilingue et attaché à la culture française tel que le Luxembourg.

Pourtant, le nombre de postes proposés à ces concours évolue constamment, soulevant autant d'espoirs que de craintes. Il s’agit là d’une question cruciale, non seulement pour les candidats, qui doivent ajuster leur parcours et leurs ambitions, mais aussi pour les établissements scolaires qui s’inquiètent de la relève des professeurs de lettres. Dès lors, il convient de se demander comment le nombre de postes aux concours du CAPES et de l’agrégation de lettres a évolué, et quelles en sont les conséquences sur la discipline des lettres, tant en France qu’au Luxembourg et dans l’espace francophone.

Pour répondre à ce questionnement, il conviendra d'examiner d'abord l'évolution historique et quantitative du nombre de postes proposés, avant de montrer les répercussions spécifiques sur chaque filière des concours de lettres, et enfin, d’analyser les conséquences pour la formation des enseignants et les perspectives dans le contexte luxembourgeois.

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I. Évolution historique et quantitative du nombre de postes

A. Présentation générale des données

Depuis la fin du XXe siècle, les concours du CAPES et de l’agrégation de lettres font l’objet d’ajustements réguliers dans le nombre de postes proposés. La filière lettres modernes s’est traditionnellement vue offrir un volume conséquent de recrutements, tandis que les lettres classiques (latin-grec) et la grammaire apparaissent plus modestes et confidentielles, avec un nombre de postes souvent très limité.

Pour donner un ordre d’idées : au début des années 1990, le CAPES de lettres modernes ouvrait parfois plus de 1000 postes, signe de la vitalité démographique et de la centralité des humanités dans le système éducatif. Les lettres classiques dépassaient encore la centaine de postes. L’agrégation, concours de prestige permettant d’accéder à l’enseignement dans le secondaire supérieur et l’enseignement supérieur, proposait chaque année plus de 300 postes en lettres modernes, et une cinquantaine en lettres classiques.

Ces chiffres sont toutefois en déclin depuis le tournant des années 2000, avec une tendance à réduire les volumes, à la suite de réformes administratives et budgétaires. La décennie 2010, pour sa part, marque des fluctuations fortes : certains concours atteignent des creux historiques, tandis que d’autres connaissent des “re-bonds” ponctuels liés à des besoins locaux, comme on a pu l’observer lors de la mise en place de dispositifs spécifiques liés à la lutte contre les postes vacants.

B. Facteurs explicatifs de ces évolutions

Les raisons de ces modifications sont multiples. D’abord, la démographie scolaire, en baisse depuis trente ans dans certains bassins francophones, a necessité une réévaluation régulière des besoins en enseignants. En France mais aussi au Luxembourg, le nombre d’élèves susceptibles d’opter pour un cursus littéraire a reculé, et cela s’est logiquement traduit par une réduction des besoins en professeurs de lettres, notamment dans les matières jugées “rares” comme le latin ou le grec.

Par ailleurs, les réformes de structures éducatives, notamment la montée en puissance de parcours scientifiques ou économiques, ont entraîné un affaiblissement relatif de la place des lettres. À côté de cela, la politique de contractualisation (recours grandissant aux professeurs sous contrats temporaires) a permis de répondre de façon flexible à la pénurie ou au surplus d’enseignants, sans s’engager sur des créations de postes à long terme.

Finalement, la gestion budgétaire joue un rôle non négligeable. L’attribution de nouveaux postes dépend de crédits publics, et les réformes d’économie menées dans la plupart des pays européens rendent la création de postes plus difficile à justifier. Cela s’observe notamment au moment des arbitrages entre disciplines dites “utiles” (mathématiques, langues vivantes, sciences) et l’enseignement des lettres.

C. Zoom sur les périodes charnières

Analyser par périodes révèle quelques tendances lourdes. Les années 1990 sont marquées par une forte attractivité, issue probablement du prestige attaché aux lettres et du besoin de renouvellement des personnels après le baby-boom. La première décennie des années 2000 voit naître un mouvement de repli : la massification du bac, la diversification des orientations, mais aussi la crise de vocation touchent le secteur. Les années 2010 et le début des années 2020 confirment la tendance à la contraction, ponctuée par quelques ajustements exceptionnels lors d’appels à candidatures urgentes (“plans de titularisation”).

La décennie actuelle semble s’inscrire dans une forme de stabilisation à bas niveau, mais l’incertitude demeure, surtout face aux défis de mutation de l’école et de la société.

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II. Impact sur les spécialités et options des lettres

A. Lettres modernes vs lettres classiques

Les disparités entre lettres modernes et lettres classiques se sont accentuées au fil du temps. Si la première reste la filière majoritaire, tant en termes d’effectifs de recrutement qu’en nombre de candidats, les lettres classiques apparaissent de plus en plus en déclin, parfois réduites à quelques dizaines de postes au CAPES, moins encore pour l’agrégation.

Ce recul tient à la fois à la baisse du nombre d’élèves suivant le latin ou le grec, et aussi à une certaine désaffection sociale – alors même que, paradoxalement, les valeurs transmises par ces disciplines (rigueur, culture générale, esprit analytique) font l’objet d’une revalorisation rhétorique dans les nouvelles grilles de compétences scolaires.

Le retrait progressif des lettres classiques a des conséquences concrètes : moins d’enseignants formés signifie moins de possibilités pour les élèves luxembourgeois ou français d’accéder à des cours de latin ou de grec, réduisant la diversité des parcours culturels. Dans ce contexte, l’enseignement luxembourgeois doit souvent s’appuyer sur la coopération avec des professeurs venus de France ou d’autres pays francophones pour maintenir ces options.

B. La grammaire : spécialité marginalisée

La “grammaire”, option longtemps emblématique d’une certaine tradition littéraire exigeante, subsiste avec un nombre de postes extrêmement faible. Pourtant, son intérêt reste fort pour la formation approfondie des enseignants, notamment dans le cadre de la préparation à la correction ou à l’analyse linguistique des textes. Si le Luxembourg, dans ses sections classiques, maintient une exigence grammaticale plus poussée que d’autres pays, il n’est pas épargné par la pénurie de spécialistes.

Il convient de souligner l’importance, tant universitaire que culturelle, de défendre la grammaire : elle demeure le fondement d’un enseignement éclairé des textes, et, dans une ère de communication mondialisée, sa maîtrise peut constituer un atout concurrentiel (par exemple pour la traduction ou l’analyse comparée des langues).

C. Effets sur les candidats et stratégies de préparation

La réduction globale des postes exerce une pression concurrentielle plus forte. Les candidats au CAPES ou à l’agrégation doivent composer avec la rareté et, souvent, renforcer leur préparation. Cela se traduit par une massification des dispositifs de “prépas concours”, ainsi que par une sophistication croissante des bibliographies et des ressources en ligne.

On constate aussi que les étudiants, conscients de la tension sur certaines disciplines, tendent à privilégier les options jugées les plus porteuses. Par exemple, il n’est pas rare qu’un étudiant talentueux en latin ou grec “bifurque” vers les lettres modernes, pour maximiser ses chances, quitte à délaisser sa spécialité. Cette “adaptation de survie” fragilise cependant l’équilibre même du système littéraire, au détriment de la diversité et de la profondeur des vocations.

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III. Conséquences et perspectives pour la formation et la profession

A. Conséquences sur le recrutement et la qualité de l’enseignement

Moins de postes, c’est aussi moins de diversité de recrutement : en resserrant les concours autour des profils académiques les plus robustes ou les candidats ayant les moyens de préparer longtemps, le système réduit le renouvellement des générations enseignantes. On risque ainsi de perdre le lien avec certains milieux sociaux ou des profils atypiques, qui pourraient pourtant enrichir la transmission des lettres.

Dans certaines académies françaises, ou dans quelques établissements luxembourgeois, la difficulté à pourvoir les postes de lettres, singulièrement en latin-grec ou en grammaire, conduit à des classes laissées vacantes ou à la généralisation du recours à des remplaçants peu formés. Cela remet en question la qualité du service public d’enseignement, enjeu central dans la défense de la culture humaniste.

B. Perspectives d’avenir : adaptation nécessaire

La situation invite à penser de nouvelles stratégies. D’une part, la réforme des concours est déjà amorcée, visant à mieux intégrer les compétences numériques (analyse de corpus digitalisés, pédagogie interactive, etc.), à diversifier l’évaluation au-delà des seuls savoirs académiques. D’autre part, la formation initiale tente d’être plus professionnalisante, pour permettre aux futurs enseignants de s’adapter à l’hétérogénéité croissante de leurs élèves.

On peut aussi imaginer d’autres formes de parcours : mobilité entre pays francophones, reconnaissance accrue des diplômes, mutualisation des enseignants (par exemple, un professeur employé conjointement par plusieurs établissements). Le Luxembourg, habitué à travailler en réseau avec la France, la Belgique ou la Suisse, illustre bien cette ouverture.

C. Enjeux spécifiques au Luxembourg et à la francophonie

Au Luxembourg, le marché des enseignants de lettres est plus restreint, mais il est aussi plus perméable : il n’est pas rare que des professeurs soient recrutés sur la base de leurs titres français, belge ou suisse. La connaissance du plurilinguisme, la capacité à enseigner dans plusieurs langues, donne aux enseignants une valeur ajoutée. Néanmoins, la raréfaction des vocations en lettres classiques ou en grammaire pose ici aussi la question de la continuité de l’excellence humaniste.

La coopération transfrontalière et la valorisation des carrières dans la francophonie constituent une voie d’avenir, à condition que les systèmes reconnaissent mutuellement la rigueur de leur formation.

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Conclusion

L’évolution du nombre de postes proposés au CAPES et à l’agrégation de lettres, loin d’être une simple affaire de chiffres, révèle un enjeu profond pour l’école, la culture et la société, tant en France qu’au Luxembourg et plus largement dans le monde francophone. Si la baisse globale et les disparités entre filières soulèvent des défis, elles invitent aussi à repenser la place des lettres et à réinventer la vocation enseignante : ouverture, capacité d’adaptation, innovation dans la transmission.

Face à une époque où l’on questionne l’utilité des humanités, il appartient aux décideurs, mais aussi aux futurs enseignants eux-mêmes, de défendre l’idéal d’une école où la littérature, l’analyse du langage et la filiation culturelle demeurent au cœur de la formation citoyenne et intellectuelle. Plus que jamais, l’enjeu sera de trouver l’équilibre entre excellence, ouverture et renouvellement.

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*(N.B. : Pour approfondir, il est recommandé de consulter les sites du Ministère français de l’Éducation nationale, ainsi que les plateformes d’accompagnement aux concours proposés par l’Université du Luxembourg ou d’autres institutions partenaires de l’espace francophone.)*

Questions d’exemple

Les réponses ont été préparées par notre enseignant

Quelle est l'évolution du nombre de postes au CAPES de lettres ?

Le nombre de postes au CAPES de lettres a largement diminué depuis les années 1990, passant de plus de 1000 postes à des volumes bien plus modestes aujourd'hui en raison des changements démographiques et des réformes.

Comment le nombre de postes à l'agrégation de lettres a-t-il changé ?

Le nombre de postes à l'agrégation de lettres a connu une forte baisse depuis la fin du XXe siècle, passant de plus de 300 postes en lettres modernes à des chiffres bien inférieurs aujourd'hui.

Quels facteurs expliquent l'évolution du nombre de postes au CAPES et à l'agrégation de lettres ?

La baisse du nombre d'élèves dans les filières littéraires et les réformes des systèmes scolaires sont les principales causes de la diminution du nombre de postes.

Quelles conséquences l'évolution des postes au CAPES et à l'agrégation de lettres a-t-elle sur la formation des enseignants ?

La diminution des postes accentue la concurrence et peut rendre plus difficile l'accès aux concours, impactant la formation et le renouvellement des enseignants de lettres.

Quelle différence entre lettres modernes et lettres classiques dans l'évolution du nombre de postes au CAPES et à l'agrégation ?

Les lettres modernes bénéficient traditionnellement de plus de postes que les lettres classiques, dont les effectifs sont régulièrement très limités, surtout depuis les années 2000.

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