Corrigé Bac Français 2018 : sommeil et rêverie en poésie
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Type de devoir: Analyse
Ajouté : 18.01.2026 à 10:32
Résumé :
Explorez le sommeil et la rêverie en poésie pour comprendre leur rôle symbolique et leur impact sur l’inspiration poétique au Bac Français 2018.
Introduction
Depuis toujours, la poésie s’est emparée des expériences intimes de l’homme, cherchant à donner forme et voix à l’indicible. Parmi ces expériences, le sommeil et la rêverie occupent une place singulière : ils ouvrent une porte sur l’invisible, sur l’autre côté du réel, tout en proposant un espace de protection ou d’exploration intérieure. Mais que recouvrent précisément ces notions dans l’écriture poétique ? Le sommeil peut se définir comme un état de repos naturel, où l’esprit plonge dans l’inconscient et où la sensibilité se libère des pesanteurs du monde. La rêverie, libre errance de la pensée, inspire le poète dans sa quête de sens, transcendant la réalité immédiate pour atteindre une forme d’absolu. Dans le contexte éducatif luxembourgeois, où la littérature est enseignée en trois langues et où la diversité culturelle façonne l’horizon des élèves, l’analyse de la thématique du sommeil et de la rêverie prend un relief particulier. Il s’agira donc d’examiner comment, du Moyen Âge à aujourd’hui, poètes et poétesses ont utilisé le sommeil et la rêverie non seulement comme motifs, mais aussi comme instruments poétiques, pour sonder le sens profond de l’existence. Nous interrogerons ainsi : en quoi le sommeil poétique, oscillant entre rêve et réalité, offre-t-il une voie privilégiée pour questionner le monde et soi-même ? Cet essai se déroulera en trois temps : d’abord, nous verrons le sommeil comme refuge et moment de réconciliation ; ensuite, nous explorerons la rêverie comme espace de création et de quête existentielle ; enfin, nous analyserons les représentations et fonctions symboliques du sommeil et de la rêverie dans la poésie, en prenant appui sur différents courants et figures majeures.I. Le sommeil poétique : un refuge face à la dureté du réel
Le sommeil, dans le langage du poète, revêt fréquemment une valeur protectrice, presque sacrée. Ces instants de repos deviennent des parenthèses, des havres qui soustraient l’individu au tumulte de la vie quotidienne.A. Le sommeil comme apaisement et protection
La poésie de Victor Hugo, si souvent étudiée dans nos lycées, en donne de sublimes exemples. Dans « Autrefois », extrait des *Contemplations*, l’image de l’enfant endormi sur sa mère, les traits paisibles, traduit l’innocence et la fragilité à l’abri du sommeil. Le monde extérieur, souvent rude ou décevant, demeure à distance, tandis que la douceur des draps, l’obscurité de la chambre, forment une « bulle » protectrice. À travers des images comme le « nuage », la « dentelle » ou le « silence », le poète déploie tout un imaginaire de la tendresse. Le sommeil, ainsi, protège l’enfance, mais il est aussi celui par lequel l'adulte retrouve une part de lui-même, oubliée au seuil du quotidien.B. Le repos dans la nature : suspendre le temps
La nature joue un rôle essentiel dans l’élaboration de cette atmosphère apaisée. Les paysages, que l’on retrouve par exemple chez des poètes luxembourgeois comme Edmond de la Fontaine (Dicks), accueillent le dormeur dans un univers où le bruit du monde semble s’éteindre : « le silence des nids », « l’immobilité des feuilles », autant de détails qui transforment le sommeil en une expérience sacrée, où le temps suspend son vol. Ce silence n’est pas seulement absence de bruit : il devient le signe d’une communion avec quelque chose de plus vaste. Dans ces vers, la simple sieste sous un arbre, le repos du corps sur l’herbe, invitent à méditer sur les liens entre l’humain et la nature luxembourgeoise.C. Le sommeil comme oubli salutaire
Enfin, le sommeil peut offrir une échappatoire bienvenue aux tourments du quotidien : fatigue, angoisse, responsabilité. Revenons à Hugo : la mère qui découvre sa fille dormant connaît, l’espace d’un instant, la suspension des devoirs maternels. Ce moment de trêve, loin d’être anodin, célèbre le sommeil comme bienfait, comme solution temporaire à la douleur. Au fil des siècles, les poètes ont souligné ce pouvoir d’oubli, d’effacement des souffrances, avec une tendresse universelle.II. La rêverie et le rêve : espaces privilégiés de création et de quête existentielle
Contrairement à la nuit profonde du sommeil, la rêverie permet d’ouvrir les yeux intérieurs, de contempler des univers inconnus et d’avancer dans l’exploration de l’âme.A. Le rêve, seuil de l’invisible et du merveilleux
Depuis le *Roman de la Rose*, chef-d’œuvre du Moyen Âge où le rêve transporte le narrateur dans un jardin symbolique, jusqu’aux poètes surréalistes du XXe siècle, le rêve demeure la matrice de l’imaginaire. Des figures comme les chérubins, les fées ou des êtres mythologiques, souvent mobilisées par le poète, servent à déployer cet univers surnaturel. Dans le contexte luxembourgeois, la légende de la Mélusine, très présente dans la culture locale, s’inscrit dans cette tradition : la frontière entre les deux mondes s’atténue, et le rêve devient un passage, une initiation. La poésie s’empare ainsi de l’irréel pour enrichir l’expérience vécue.B. Le rêve, miroir des désirs cachés et des angoisses profondes
Mais le rêve n’est pas seulement le lieu des merveilles ; il abrite aussi les chimères et les espoirs inavoués. Nerval, dans « El Desdichado », met en scène la perte, la nostalgie et la quête d’un idéal insaisissable, tout en suggérant que seul le rêve permet d’exprimer l’inexprimable. Le rêve est alors ce « miroir obscur » où se dévoilent passions et peurs, dans une écriture parfois éclatée, parfois mystérieuse. Les poètes modernes, tels que Philippe Jacqmin ou Jean Portante, transposent cette tradition dans le monde contemporain, en donnant voix aux inquiétudes de l’homme d’aujourd’hui, tiraillé entre réalité et aspiration poétique.C. La rêverie : évasion ludique et expansion de la liberté
La rêverie, moins structurée que le rêve, évoque l’enfance retrouvée et la spontanéité. Gaston Bachelard, philosophe souvent évoqué dans nos classes, a écrit sur la force féconde de la rêverie : elle permet d’ouvrir des portes nouvelles, de sortir des cadres imposés. Le poète luxembourgeois Guy Rewenig, par son écriture ouverte et imagée, invite à accueillir l’imprévu, à laisser errer sa pensée, montrant que la poésie et la rêverie convergent dans la quête de sens. L’élève, lorsqu’il lit un poème consacré à la rêverie, devient à son tour voyageur – sans cesse invité à questionner et inventer.III. Représentations et fonctions symboliques du sommeil et de la rêverie, du Moyen Âge à nos jours
À travers l’histoire, la poésie n’a cessé de revisiter et de réinventer la représentation du sommeil et de la rêverie, oscillant entre sacré, mystère et exploration du monde intérieur.A. Du Moyen Âge au romantisme : sommeil, innocence et mystère
La poésie médiévale, pétrie de symboles religieux et de mythes populaires, fait du sommeil une expérience où l’humain se rapproche du divin. Dans le *Roman de la Rose*, le rêve structure tout le récit : le songe offre l’accès à des vérités cachées. Avec les romantiques du XIXe siècle, notamment Hugo ou Lamartine, le sommeil de l’enfant se pare d’une dimension mystique, représentant une innocence perdue et la possibilité d’un salut. On retrouve là l’écho de célébrations familiales et culturelles luxembourgeoises, marqué par les processions ou la fête de Saint-Nicolas, où le merveilleux et l’innocence s’interpénètrent.B. La modernité : dualité du sommeil, entre présence et absence
Au XXe siècle, le sommeil prend souvent une valeur paradoxale : s’il apaise, il isole aussi. Poètes comme Claude Roy ou Anise Koltz (figure majeure de la littérature luxembourgeoise contemporaine) décrivent le dormeur entouré de silence, à la frontière du monde des vivants et des morts, soulignant la solitude existentielle. Le sommeil y devient moment d’introspection, voire de retrait, face à la plasticité du monde. Le langage s’emplit alors d’ombres, de demi-teintes, où le lecteur oscille entre douceur et mélancolie.C. La puissance du langage poétique : rendre visible l’invisible
La poésie, mieux que tout autre art, sait exprimer l’invisible à partir des détails sensoriels : un souffle, un mouvement furtif, un jeu de lumière filtrant dans la chambre. C’est par la langue, par la force de l’image et du rythme, que le poète fait surgir et partager l’expérience du sommeil. La rêverie, consignée entre les vers, devient mémoire et promesse. Ainsi, dans l’enseignement luxembourgeois, où l’on encourage l’analyse des champs lexicaux et des figures de style, il est essentiel d’observer comment chaque image, chaque silence, construit une atmosphère et livre une émotion unique.Conclusion
À travers les siècles, le sommeil et la rêverie se révèlent dans la poésie comme des moments d’exception, où le réel se dérobe, offrant à l’âme un refuge ou une échappée. Loin de n’être que des thèmes décoratifs, ils invitent le lecteur – et l’élève – à ralentir, à laisser parler l’intime et à questionner l’essence de l’existence. Dans un monde scolaire luxembourgeois riche de ses traditions et ouvert sur l’Europe, cette poésie du sommeil offre un ressourcement précieux : elle nous rappelle que sans trêve, sans rêve, la vie perd de sa densité. Il est urgent, à l’heure où l’on glorifie l’efficacité, de préserver ces moments de suspend, pour envisager de nouveaux possibles et, peut-être, retrouver une part de nous-mêmes. Finalement, le sommeil poétique demeure, face aux difficultés du monde, un espace d’espérance ; la rêverie, quant à elle, une respiration essentielle, sans laquelle la poésie – et la vie – risqueraient de s’éteindre.---
Annexe : Conseils méthodologiques
Pour aller plus loin dans l’étude de ces thèmes, il est recommandé d’identifier dans les poèmes : - Les images liées au sommeil (nuit, silence, obscurité, nuage, berceau) - Les figures de style comme la métaphore ou la personnification - L’atmosphère, créée par le rythme et le choix des motsParmi les poèmes à explorer : « La courbe de tes yeux » de Paul Éluard, « El Desdichado » de Gérard de Nerval, ou encore les textes d’Anise Koltz et Jean Portante.
Exercice d'écriture : Rédigez un court poème sur la manière dont une rêverie nocturne vous a ouvert une porte sur un monde imaginaire, inspiré par les paysages et légendes du Luxembourg.
Questions d’exemple
Les réponses ont été préparées par notre enseignant
Quelle est la place du sommeil dans la poésie selon le corrigé Bac Français 2018 ?
Le sommeil occupe une place singulière en poésie, servant de refuge et d'apaisement face à la dureté du réel, tout en ouvrant l'esprit à l'exploration intérieure.
Comment la rêverie est-elle définie dans le corrigé Bac Français 2018 sur la poésie ?
La rêverie est présentée comme une errance libre de la pensée, inspirant le poète dans sa quête de sens et lui permettant de transcender la réalité immédiate.
Quels exemples de sommeil poétique le corrigé Bac Français 2018 cite-t-il ?
Le corrigé cite Victor Hugo et son poème « Autrefois » où l'image de l'enfant endormi traduit l'innocence et la protection offerte par le sommeil.
Quelle fonction symbolique le sommeil remplit-il dans la poésie selon le Bac Français 2018 ?
Le sommeil agit comme symbole de protection, d'oubli salutaire et de réconciliation, permettant d'échapper aux tourments du quotidien.
Comment la nature intervient-elle dans la poésie du sommeil selon ce corrigé 2018 ?
La nature crée une atmosphère apaisée, suspendant le temps et harmonisant le dormeur avec le silence et la quiétude des paysages.
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