L’infinitif en français : définition, emploi et fonctions
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Type de devoir: Analyse
Ajouté : 8.07.2026 à 11:31

Résumé :
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Introduction
« Lire, écrire, comprendre : voilà des gestes quotidiens de l’élève. » Dès les premières années de l’école, ces mots apparaissent partout : sur les consignes d’un manuel, dans les intitulés d’exercices, dans les dictionnaires, sur les fiches de travail, dans les recettes ou les règlements. Ils semblent simples, presque évidents. Pourtant, ils appartiennent à une forme grammaticale très particulière : l’infinitif. On le présente souvent comme la forme de base du verbe, celle qu’on apprend en premier quand on découvre une conjugaison. Mais cette définition, si utile soit-elle, reste incomplète. L’infinitif n’est pas seulement un verbe “non conjugué” : il occupe en français une place plus subtile, à la frontière entre plusieurs catégories.En effet, l’infinitif ne varie pas selon la personne comme les formes conjuguées. On ne dit pas *je lire* ou *nous comprendre*, parce qu’il ne porte pas ces marques personnelles qui permettent d’ancrer l’action dans une situation d’énonciation précise. Pourtant, il conserve quelque chose d’essentiel du verbe : il exprime une action, un état, un processus. Dans le même temps, il peut aussi prendre dans la phrase des fonctions que l’on associe habituellement au nom. Cette double nature en fait une forme charnière, particulièrement intéressante à étudier.
Pour un élève du système scolaire luxembourgeois, cette question n’a rien d’abstrait. Le français occupe une place importante dans les apprentissages, qu’il s’agisse de comprendre des consignes, de rédiger un commentaire, d’analyser une phrase ou de produire un texte argumentatif. Dans un contexte plurilingue où coexistent notamment le luxembourgeois, l’allemand et le français, l’étude de l’infinitif aide aussi à mieux percevoir ce qui est propre au fonctionnement du français. Comprendre l’infinitif, c’est donc progresser à la fois en grammaire, en lecture et en expression écrite.
On peut alors se demander comment l’infinitif, forme non conjuguée du verbe, peut à la fois exprimer une action et jouer un rôle de nom dans la phrase française. Pour répondre à cette problématique, il faut d’abord examiner ce qui caractérise l’infinitif sur le plan de la forme et du sens. Il faudra ensuite montrer qu’il peut constituer le centre verbal d’un énoncé entier. Enfin, on verra qu’il peut aussi se comporter comme un groupe nominal et remplir des fonctions syntaxiques très variées.
I. L’infinitif : une forme verbale particulière, simple en apparence mais riche en valeurs
La première fonction de l’infinitif est de servir de forme de référence. Dans les dictionnaires scolaires, les verbes sont presque toujours donnés sous cette forme : *aller*, *finir*, *prendre*, *savoir*. Cela n’a rien d’anodin. L’infinitif permet de nommer l’action de la manière la plus neutre possible, sans l’attribuer à une personne précise ni la situer immédiatement dans un temps déterminé. Quand un élève cherche un verbe dans un lexique ou apprend une liste de vocabulaire, c’est généralement l’infinitif qu’il mémorise.Cette forme de base aide également à reconnaître la famille verbale et la conjugaison. En français, les terminaisons les plus fréquentes sont bien connues : *-er* pour *chanter* ou *parler*, *-ir* pour *finir* ou *grandir*, *-re* pour *prendre* ou *attendre*, et *-oir* pour *voir*, *pouvoir* ou *savoir*. Dans l’enseignement secondaire, cette classification n’est pas seulement mécanique ; elle sert à repérer les modèles de conjugaison et à éviter certaines erreurs. À l’écrit, ces terminaisons sont claires, mais à l’oral elles sont parfois moins perceptibles, ce qui explique certaines confusions fréquentes chez les élèves.
Il faut aussi souligner que l’infinitif est une forme non conjuguée, mais non une forme dépourvue de toute valeur temporelle. Il n’exprime pas un temps grammatical comme le présent, l’imparfait ou le futur. Néanmoins, selon le contexte, il peut suggérer une simultanéité, une postériorité ou une antériorité par rapport à un autre procès. C’est là un point important, car beaucoup d’élèves assimilent trop vite “forme non conjuguée” et “absence totale de repère temporel”. Or la langue fonctionne de manière plus nuancée.
Cette nuance apparaît clairement dans l’opposition entre infinitif simple et infinitif composé. L’infinitif simple, comme *faire*, *partir* ou *comprendre*, présente l’action dans sa généralité. L’infinitif composé, formé avec l’auxiliaire *avoir* ou *être* suivi du participe passé, insiste au contraire sur l’accomplissement antérieur du procès : *avoir fait*, *être parti*, *avoir compris*. Dans une phrase comme « Après avoir terminé son exposé, l’élève a rendu son travail », l’infinitif composé marque nettement qu’une action est achevée avant une autre. On rencontre souvent cette tournure dans les récits, les comptes rendus, les justifications ou même dans les rapports de stage que certains élèves rédigent au lycée.
Enfin, savoir reconnaître l’infinitif est très utile dans l’analyse grammaticale. Cela permet de repérer plus facilement le verbe d’une construction, de distinguer une forme verbale d’un nom dérivé, et d’éviter des erreurs d’accord. Dans une copie, ne pas voir qu’un verbe est à l’infinitif peut entraîner des fautes d’orthographe grammaticale, notamment après une préposition ou un semi-auxiliaire. Ainsi, l’infinitif semble simple, mais il révèle déjà toute la complexité du système verbal français.
II. L’infinitif comme centre verbal d’une phrase
On associe parfois l’infinitif à une fonction secondaire, comme s’il ne servait qu’à compléter un autre verbe. Cette idée est réductrice. En réalité, l’infinitif peut être le noyau d’un énoncé à part entière. Il peut donc organiser une phrase, même sans marque personnelle.Dans la phrase exclamative, il exprime souvent une émotion vive, un étonnement, une indignation ou un soulagement. Dire « Réussir enfin ! » ou « Partir si vite ! » revient à condenser un sentiment fort en quelques mots. Cette tournure est très expressive. On la rencontre dans les dialogues, dans le théâtre, mais aussi dans certains passages romanesques où le narrateur cherche à reproduire la spontanéité d’une réaction intérieure.
L’infinitif est également fréquent dans des interrogations à valeur délibérative. « Que faire ? », « Où aller ? », « Comment répondre ? » : ces formulations n’attendent pas toujours une réponse immédiate ; elles traduisent souvent une hésitation ou une réflexion. Dans la vie scolaire, un élève peut se dire avant un oral : « Comment commencer ? » Cette tournure est plus qu’une question grammaticale ; elle met en scène le moment du doute. On la trouve aussi dans la littérature, lorsqu’un personnage se débat avec une décision difficile.
Un autre emploi très courant est la valeur injonctive. Ici, l’infinitif remplace souvent l’impératif. Dans les classes luxembourgeoises, qu’il s’agisse du français, de l’histoire, des sciences ou de l’éducation artistique, les consignes sont remplies d’infinitifs : « Relever les arguments », « Comparer les documents », « Justifier votre réponse », « Ne pas oublier de citer le texte ». Cette forme présente l’avantage d’être neutre, concise et claire. Elle ne s’adresse pas à une personne grammaticale précise, mais elle désigne nettement l’action attendue. On retrouve le même principe dans les règlements, les notices et les modes d’emploi.
L’infinitif peut aussi prendre une valeur plus littéraire, notamment dans ce qu’on appelle parfois l’infinitif narratif ou stylistique. Dans certaines phrases, une suite d’infinitifs donne au récit un rythme particulier, presque cinématographique : un personnage se lève, courir, disparaître, revenir. Ce type de construction produit un effet de vivacité et attire l’attention du lecteur sur la succession des gestes. Dans la littérature française moderne, où le travail sur le rythme et la perception est essentiel, cette forme peut contribuer à créer une écriture plus nerveuse ou plus fragmentée.
Si l’infinitif peut former une phrase complète, c’est parce qu’il garde de véritables propriétés verbales. Il accepte des compléments, il peut introduire un procès complexe, et son interprétation repose sur le contexte. Même non conjugué, il reste capable d’organiser le sens autour d’une action. Sa dépendance apparente ne doit donc pas faire oublier sa force syntaxique.
III. L’infinitif dans les subordonnées : dépendance et autonomie à la fois
L’infinitif apparaît très souvent dans des structures dépendantes. Il permet alors de construire des phrases plus économiques qu’une subordonnée entièrement conjuguée. Ce procédé est fréquent dans l’écrit soigné, mais aussi dans la langue scolaire, parce qu’il allège les formulations.Après certains verbes de perception, l’infinitif est particulièrement courant : « J’ai vu les élèves entrer en classe », « Nous avons entendu les oiseaux chanter dans la cour », « Elle a laissé ses camarades finir leur travail ». Dans ces exemples, le verbe principal introduit l’événement, tandis que l’infinitif désigne l’action perçue, permise ou provoquée. La construction est concise et très efficace.
Cette structure soulève une difficulté importante : celle du sujet de l’infinitif. Dans « J’entends les élèves réciter leur texte », ce ne sont pas *j’* qui récite, mais *les élèves*. Beaucoup d’erreurs scolaires viennent de cette mauvaise identification. L’élève doit apprendre à distinguer le sujet du verbe principal et l’agent de l’action exprimée par l’infinitif. Cette vigilance est essentielle dans l’analyse syntaxique.
L’infinitif est aussi fréquent dans l’interrogation indirecte : « Je ne sais plus quoi répondre », « L’élève cherche comment organiser ses idées ». Ces tournures évitent des formulations plus lourdes et permettent d’exprimer une possibilité, une solution ou une décision à prendre. Elles sont très utiles dans les rédactions, notamment quand il s’agit de restituer une réflexion.
On le retrouve encore dans des structures proches de la relative ou de la complémentation nominale : « un endroit où travailler en silence », « un sujet à présenter en classe », « une méthode à suivre ». Dans ces cas, l’infinitif précise la fonction ou la destination de l’être ou de l’objet désigné. Il introduit souvent une idée de possibilité, de finalité ou de nécessité.
Pour les élèves, ces constructions sont précieuses. Elles rendent les phrases plus souples, plus compactes, plus élégantes parfois. Dans un résumé, dans un commentaire composé ou dans une dissertation, savoir employer l’infinitif permet d’éviter certaines répétitions et de mieux articuler les idées. L’infinitif n’est donc pas un simple raccourci : il est un véritable outil de précision.
IV. L’infinitif comme groupe nominal : la forme nominale du verbe
L’un des aspects les plus intéressants de l’infinitif est sa capacité à se comporter comme un nom. Il conserve le sens d’une action, mais il peut occuper dans la phrase des positions normalement réservées à un groupe nominal. C’est pourquoi on parle souvent de forme nominale du verbe.On le voit d’abord dans la fonction sujet : « Travailler régulièrement aide à réussir », « Lire améliore la compréhension », « Écouter attentivement favorise l’apprentissage ». Ici, l’infinitif désigne une activité générale, abstraite, sans sujet personnel déterminé. Cette tournure est fréquente dans les textes argumentatifs ou explicatifs, car elle permet d’énoncer des vérités générales. Dans une dissertation, elle donne souvent plus de portée à l’idée exprimée.
L’infinitif peut également être attribut : « Apprendre, c’est progresser », « Le plus difficile reste d’organiser son travail ». Dans de telles phrases, il établit une équivalence, une définition ou un bilan. Le verbe à l’infinitif se rapproche alors d’un nom abstrait, tout en gardant sa dynamique propre.
On le rencontre encore comme complément ou en apposition : « Son objectif : réussir l’examen », « Une seule solution, recommencer calmement ». Ce type de formulation est fréquent dans les écrits scolaires lorsqu’on veut aller à l’essentiel. Il apporte une certaine vivacité et évite des formulations trop lourdes.
Dans certains cas, l’infinitif glisse encore davantage vers le nominal, notamment lorsqu’il est précédé d’un déterminant dans des formes lexicalisées, ou lorsqu’il entre dans des constructions figées. Sans confondre l’infinitif pur et les noms dérivés, on peut remarquer que la langue française joue souvent avec cette frontière. Les constructions prépositionnelles, elles aussi, mettent en valeur cette souplesse : *avant de commencer*, *sans hésiter*, *pour réussir*. L’infinitif garde sa valeur verbale, mais il s’insère dans des groupes qui fonctionnent comme des compléments circonstanciels ou comme des expansions proches du nominal.
Dans le français scolaire, cette valeur est essentielle. Elle permet de formuler des idées générales, d’élever le niveau d’abstraction et de produire des phrases plus analytiques. Lorsqu’un élève écrit un bilan de lecture, un paragraphe argumentatif ou une introduction, il recourt souvent à l’infinitif pour condenser une réflexion. C’est l’une des raisons pour lesquelles la maîtrise de cette forme est si importante.
V. Une forme très présente dans les textes étudiés à l’école et dans le contexte luxembourgeois
L’infinitif n’est pas seulement un objet de grammaire ; il appartient pleinement à la vie des textes. Dans les consignes scolaires d’abord, il est omniprésent. Des verbes comme *comparer*, *justifier*, *relever*, *transformer*, *analyser* ou *décrire* structurent le travail quotidien de l’élève. Ils définissent l’action intellectuelle attendue. Comprendre ces infinitifs, c’est comprendre ce qu’on demande réellement dans un exercice.Dans les textes narratifs, l’infinitif peut introduire une voix intérieure, un doute, une hésitation, ou donner de la vitesse à l’écriture. Dans les textes argumentatifs et explicatifs, il sert à généraliser : « Étudier régulièrement permet de mieux mémoriser », « Lire plusieurs sources aide à comparer les points de vue ». Ce sont des formulations typiques des essais scolaires, car elles relient l’action concrète à une idée générale.
Dans les recettes, les règlements et les modes d’emploi, l’infinitif s’impose par son efficacité : « Mélanger », « Chauffer », « Attendre », « Respecter les consignes de sécurité ». Il ordonne sans lourdeur et convient parfaitement à une suite d’actions.
Au Luxembourg, cette étude prend encore plus de sens à cause du plurilinguisme. Les élèves passent d’une langue à l’autre, parfois dans une même journée. Or les constructions avec infinitif ne se superposent pas toujours d’une langue à l’autre. La comparaison avec l’allemand ou le luxembourgeois peut aider à mieux comprendre certaines différences de structure, notamment dans l’emploi des prépositions ou dans la place de la forme verbale. Sans faire de la traduction mot à mot, l’élève apprend ainsi à réfléchir plus finement à la grammaire du français.
VI. Les enjeux de l’étude de l’infinitif pour l’élève
Étudier l’infinitif, ce n’est pas accumuler des étiquettes grammaticales ; c’est apprendre à mieux lire et à mieux écrire. D’abord, l’identification de l’infinitif aide à analyser la structure d’une phrase. Elle permet de repérer le verbe principal, les compléments, les expansions, et parfois le sujet implicite d’un procès.Ensuite, cette maîtrise réduit les erreurs de conjugaison et d’orthographe grammaticale. Les copies d’élèves contiennent souvent des confusions entre infinitif et forme conjuguée, surtout après certains verbes ou certaines prépositions. Distinguer *ils doivent finir* et *ils finissent*, ou reconnaître qu’après *pour* on emploie un infinitif, constitue une base essentielle du français écrit.
Enfin, l’infinitif enrichit l’expression. Il permet de condenser l’information, de varier les structures, de donner un ton plus général, plus objectif ou plus analytique. Dans un devoir argumentatif, il peut servir à annoncer un objectif, à formuler une idée de manière abstraite, à résumer une action ou à organiser une démonstration. Il montre aussi que les catégories grammaticales ne sont pas rigides. Entre le verbe et le nom, la langue française ménage des zones de transition ; l’infinitif en est l’un des meilleurs exemples.
Conclusion
L’infinitif n’est donc pas seulement la forme de base du verbe apprise dans les tableaux de conjugaison. Il exprime une action de manière générale, peut devenir le centre d’une phrase entière, s’insérer dans des subordonnées avec une grande souplesse et remplir des fonctions proches de celles d’un nom. Sa richesse tient précisément à cette nature hybride : il n’est ni un verbe conjugué ni un simple nom, mais une forme intermédiaire, vivante et essentielle dans le fonctionnement du français.On comprend ainsi pourquoi l’infinitif est si fréquent dans les textes scolaires, littéraires et pratiques. Pour les élèves du Luxembourg, sa maîtrise est particulièrement utile, car elle améliore à la fois la compréhension grammaticale, la lecture des consignes, l’analyse des phrases et la qualité de l’expression écrite. Étudier l’infinitif, c’est donc entrer plus profondément dans la logique de la langue française.
Ainsi, l’infinitif est à la fois une forme grammaticale simple et un outil d’une grande souplesse : il permet de nommer l’action, de construire des phrases entières et d’enrichir l’expression écrite. Comprendre son fonctionnement, c’est mieux maîtriser le français scolaire et mieux lire les textes dans toute leur diversité.

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